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mercredi 18 novembre 2015

"Blacklistée" de Cole Gibsen

Blacklistée
Auteur : Cole Gibsen
Poche: 336 pages
Editeur : Editions Hugo & Cie (New Way) (8 Octobre 2015)
Genre : Jeunesse



SYNOPSIS :
En apparence, Regan Flay a tout ce dont on peut rêver. A 17 ans, elle est populaire, étudie dans l'un des meilleurs lycées du monde, et ses parents ont les moyens de satisfaire le moindre de ses souhaits. Mais sa vie bascule le jour où, en arrivant en cours, Regan découvre ses textos et messages privés Facebook placardés sur les murs du lycée. Vacheries, mensonges, insultes, manipulations : tout est là, exposé aux yeux de chacun. En une seconde, elle passe du statut de princesse à celui de véritable paria. Ses amis lui tournent le dos, et les autres élèves du lycée commencent à lui faire vivre un véritable enfer. Elle trouve du soutien auprès de Nolan, un jeune homme plutôt beau garçon mais légèrement dysfonctionnel socialement. Ce dernier découvre vite que Regan est tout sauf la miss Parfaite qu'elle voulait bien montrer. Sous sa carapace, c'est une jeune fille angoissée, qui a du mal à supporter les exigences de sa mère concernant son avenir. Car rester toujours au top demande une sacrée dose d'énergie, et aucun échec n'est envisageable. Pourtant, la chute de Regan n'est qu'un début, et personne n'en sortira indemne...


MON AVIS :
Le jeudi 5 novembre a eu lieu la journée national contre le harcèlement scolaire. Dans ce cadre j’ai eu envie de lire un roman qui traite de ce sujet. Moi-même ayant été victime de harcèlement dans mes années collège et lycée cette lecture m’a rappelé de mauvais souvenirs. Mais elle m’a aussi permis de prendre du recul puisque même si les cicatrices de ce que j’ai vécu sont encore présentes, ce roman est une excellente analyse du phénomène du harcèlement dans sa globalité.
Regan, notre personnage principal, est une fille attachante malgré les apparences. Dès les premières pages elle nous fait part de ses angoisses et de ses crises de paniques dont elle est atteinte. Ses parents, et en particulier sa mère qui est une grande politicienne, attendent d’elle un comportement irréprochable. Regan est une fille populaire et doit le rester à tout prix quitte à faire circuler des ragots sur les autres élèves. Chaque matin elle franchi les portes du lycée avec un sourire de façade et met ses états d’âme de côté. Voici une citation qui représente sa vision des choses « Au lycée, verser des larmes revenait à verser son sang : toute blessure, si petite fût-elle, était signe de faiblesse. Et le lycée détruisait les faibles ». Mais un jour, suite à des rumeurs, elle devient elle-même victime de harcèlement et se retrouve à la place de tout ces élèves qu’elle a pu faire souffrir lors de son « règne ».  Toutes les stratégies  qu’elles avaient mis en œuvre pour rester populaire se retournent contre elles. Tout le lycée et même sa meilleure amie lui tourne le dos. Dès lors Regan va vivre un enfer au quotidien. Seule Nolan, le frère de sa meilleure amie lui adresse encore la parole. Le problème c’est que Regan a toujours détesté ce garçon et que c’est apparemment réciproque. Nolan est un allié providentiel et ces deux personnages si différents en apparence vont apprendre à se connaître.
J’ai adoré la façon dont l’auteur fait évoluer ses personnages : Regan, la fille parfaite qui laisse tomber son masque en tant que narratrice et Nolan le mec impopulaire qui cache une sensibilité et une intelligence rare pour un garçon de son âge. Chacun de ses deux personnages doivent faire un effort pour se comprendre. Regan doit apprendre à vivre avec l’impopularité et le regard médisant des autres élèves tandis que Nolan doit faire un effort pour comprendre une fille qui est prête à tout pour rester populaire. Ils ont comme point commun d’être très mature et très sensible tous les deux. Je me suis au fil des pages très attachée à ces deux protagonistes. Autant j’ai aimé Regan et Nolan, autant j’ai détesté certains élèves comme Amber. Et je ne parle même pas de la mère de Regan qui m’a insupporté pendant tout le roman, mais cela ne reste que mon avis personnel. Je pense que l’auteur a fait le choix de mettre dans sa narration certains personnages insupportables pour accentuer notre empathie envers le personnage principal.
Le seul vrai reproche que j’aurai à faire à ce récit c’est le manque de surprise. Toute l’histoire et tous les rebondissements restent très prévisibles. Même quand le pire arrive on y est préparé, mais cela ne m’a pas empêché d’être quand même très ému. En ce qui concerne la fin, elle est très positive et nous laisse un message d’espoir.


CONCLUSION :
L’auteur dépeint très bien ce qu’est réellement le harcèlement scolaire avec toute sa cruauté et ses conséquences irréversibles. J’ai juste trouvé ce roman magnifique et l’écriture de Cole Gibsen a su me toucher dans sa simplicité. C’est un roman qui se lit facilement mais dont je ne suis pas ressortie indemne tant les leçons a en tirer y sont nombreuses. La fin du récit nous laisse sur une note émouvante et très positive.


MA NOTE :
4/5 : Si vous êtes intéressé au sujet du harcèlement scolaire ce livre est une référence.


CITATION DU LIVRE :

« Ces murs, ce sont nos cœurs. Dès que quelqu’un fait un commentaire, celui-ci s’inscrit en nous de manière permanente. Les mots gentils, les mots méchants, tout est là, poursuivis-je en posant la paume de ma main sur ma poitrine. Bien sûr, on peut rayer les mots ou essayer de repeindre par-dessus, mais sous les couches d’encre et de peinture, ils sont toujours là, gravés au plus profond de nous, comme des initiales gravées dans le tronc d’un arbre. Alors on se balade avec ces cicatrices, mais personne ne les voit et personne ne sait à quel point elles font mal. Et pendant ce temps, les gens continuent à dire et à écrire de nouvelles choses, jusqu’à ce que le moindre centimètre carré de nos cœurs soit couvert d’un venin si noir que même nous-mêmes ne sommes plus capables de voir le bon en nous. Alors, nous commençons à ajouter nos propres mots, et ils sont plus sombres que tout le reste, et les cicatrices s’inscrivent plus profondément encore que les autres. »


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