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vendredi 19 février 2016

"La Lune où les cerfs perdent leurs bois" de Jean-Pascal Collegia

La lune où les cerfs perdent leurs bois
Auteur : Jean-Pascal Collegia
Broché : 240 pages
Editeur : Sur le fil
Genre : Contemporain



QUATRIEME DE COUVERTURE :
« Le bonheur, ce n'est pas être libre d'assouvir des caprices d'enfant, mais de connaître et de tenir le rôle qui nous convient le mieux. Et de ce rôle, contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n'est pas nous qui en décidons. Il nous incombe seulement de le découvrir. Je vous l'ai déjà dit, l'avenir n'est pas écrit d'avance. Aussi est-il possible de se tromper, de ne jamais trouver son rôle. Certains choisiront de nier l'évidence au prétexte d'être libre. Il est même des hommes qui nieront un jour dépendre de la Terre et des animaux pour se nourrir, du soleil pour voir et se réchauffer, de l'eau pour survivre, des anciens pour apprendre. Mais je vous l'affirme, il n'est pas possible de ne pas souffrir d'une telle attitude. Pour tous ceux qui se trompent et que l'existence malheureuse confine à l'erreur, la Vie offre une nouvelle chance. Cette chance, c'est la souffrance. Non qu'il faille l'apprécier ou lui prêter quelque vertu rédemptrice, comme certains le pensent, mais il faut tenir compte de son message afin de changer nos comportements. Car qui ignore son langage, ne connaîtra jamais la joie véritable. »
Pour Jean-Pascal Collegia, la philosophie est le chemin qui mène à la littérature. Après son essai Spinoza, la matrice (2012), la grâce d’avoir lu le « prince des philosophes » l’a conduit dans ce refuge littéraire, tout en haut d’une colline perdue au milieu d’immensités sauvages : La Lune où les cerfs perdent leurs bois.
Dans ce conte inspiré de l’histoire et de la culture des Indiens d’Amérique, on assiste au parcours initiatique de Jason, en quête de sa toison d’or : la découverte de soi et de l’autre, le dévoilement de la mémoire et du sens, la compréhension du monde dans l’intimité des choses.


SYNOPSIS :
Dans ce récit, Jean-Pascal Collegia nous dévoile sa vision du monde à travers l'histoire et la culture des Indiens d'Amérique. À partir de la figure historique de Sitting Bull, chef de tribu des Lakotas Hunkpapas dans la réserve indienne de Standing Rock, au XIXe siècle, symbole de la résistance face à l'armée américaine lors des guerres indiennes, Jean-Pascal Collegia imagine les dignes descendants de cette tradition. II a créé le personnage de Jason, qui se débat aujourd'hui entre l'héritage de ses ancêtres et la culture américaine, qu'il rejette tous deux. II est réveillé de cette torpeur identitaire par une lettre qu'il reçoit de son grand-père ; il doit se rendre à son chevet avant qu'il ne meure. Commence alors un long trajet à travers les États-Unis, et Jason rencontrera sur son chemin ses souvenirs, ses doutes, ses réticences, ses colères, quelques anges de passage, et surtout Nicole. On assiste au parcours initiatique de Jason, en quête de sa toison d'or : la découverte de soi et de l'autre, le dévoilement de la mémoire et du sens, la compréhension du monde dans l'intimité des choses.


MON AVIS :
Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Sur le Fil, de m’avoir envoyé ce livre en partenariat avec le site Livraddict.
D’habitude je n’aime pas trop le genre road trip dans les romans, mais là j’ai trouvé que l’auteur utilisait ce style à bon escient et tout en subtilité. En effet le road trip est présent mais j’ai eu le sentiment qu’il n’était qu’un moyen pour l’auteur de nous faire évoluer auprès de son personnage principal. Le voyage de Jason à travers les Etats-Unis nous permet de mieux le connaître. Il se livre à nous et nous donne les clés utiles pour comprendre sa façon d’appréhender le monde. Son regard critique est celui d’un homme qui a grandi parmi les indiens et qui porte en lui une double culture.
Jason est un homme de caractère qui souhaite s’émanciper de l’héritage de ses ancêtres indiens. Il est amoureux de sa liberté ; « la liberté de celui qui sait et non pas celle, illusoire, de celui qui possède. » (p180). Le regard que Jason porte sur le monde actuel et l’analyse qu’il en fait m’a complétement fasciné. Il a hérité de la culture des Indiens Lakotas mais a choisi de suivre son propre chemin. Il ne se revendique pas indien car il aurait l'impression d'usurper une identité. Il est très cultivé et possède l’intelligence de l’esprit mais aussi celle du cœur. Pour lui l'homme moderne n'écoute plus le monde autour de lui et oubli bien souvent de s'écouter lui-même.
La plume de l’auteur est très poétique. Il arrive à nous conter parfaitement la culture indienne, loin de tous les clichés, la description qu’il en fait m’a beaucoup touché. La réflexion de l’auteur est empreinte de philosophie et on sent l’élève de Spinoza qui parle. Les références à la philosophe et à la littérature sont nombreuses mais très justement utilisé.


CONCLUSION :
Ce récit mêle à la perfection contage des traditions indiennes et réflexion sur la société moderne. C'est le voyage initiatique d'un homme qui est tiraillé entre la sagesse de ses ancêtres et la modernité qui anéanti ce qui a de plus beau en l'homme. Mais peut-on réellement échapper à son destin ? Jason pourra-t-il refusé son héritage indéfiniment ?
A travers les yeux de Jason l’auteur nous amène à réfléchir sur nos propres contradictions. L'histoire est belle et passionnante à la fois. Un roman dont on ressort grandi.


MA NOTE :
5/5 : Coup de cœur



CITATION :

« Privé de poésie, le cœur des hommes devenait dur comme une pierre, sec comme un cactus. Comment aimer dans ces conditions ? Comment être sensible au sort des gens, à celui des animaux, de la nature, de la planète si on est insensible à la poésie des fils entremêlés qui les relient les uns aux autres ? Comment sauver ce dont on ignore jusqu’à l’existence ? Il y a ceux qui voit, et ceux qui ne voient pas, ou du moins qui ne voient pas les mêmes choses. »  



MON AVIS EN VIDEO :



1 commentaire:

  1. Je suis très honoré. Vraiment.

    Jean-Pascal Collegia

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